Une éducation à faire dès le plus jeune âge.
Longtemps épargné par la médiocrité culturelle née des nouveaux médias, la France avec quelques décennies de retard sur le grand voisin d’outre atlantique n’a pas échappé à une paupérisation de sa culture.
Durant le Siècle des lumières la France a contribué avec l’Italie, l’Allemagne (Le Saint Empire germanique), l’Espagne et l’Angleterre et d’autres au développement de la culture dans les grands domaines de l’art en général, de la littérature, des sciences et des techniques et de la musique…
Si Voltaire, Diderot, d’Alembert, Rousseau, Montesquieu, Montaigne revenaient parmi nous combien seraient t-ils déçus et seraient effrayés ?
Qu’avons-nous fait de notre culture ? Elle est bradée en toute impunité aux canons d’une télévision marchande désopilante, stupide, vulgaire, nauséabonde. Sans vouloir mettre au pilori les chaînes commerciales qui se vautrent dans la téléréalité, elles contribuent jour après jour à rendre notre jeunesse inculte ou souvent niaise ou idiote. Ces mêmes médias qui ne cessent de détruire le passé, celui sur lequel les pays latino-romains et anglo-saxons ont bâtis cette universalité des connaissances !
Comment ne peut-on pas avoir encore envie de savoir ? Nous avons tout pour nous cultiver, des sites de toute nature intellectuelle comme Wikipédia aux encyclopédies en ligne, au foisonnement des ouvrages formateurs et instructifs… Combine de fois – quand j’enseignais -, n’ai-je entendu dire certains de mes élèves (que j’appelais mes apprenants) : à quoi sert de savoir cela ?
Et, le plus inacceptable est de voir un ministre de l’Education nationale agir sur les programmes scolaires au point de supprimer des pans entiers de l’Histoire de notre pays , faisant ainsi la part belle « aux détracteurs et destructeurs de notre passé » et au tenants de la repentance, cette absurdité qui n’est pas à mettre au crédit de l’ancien Président de la République, ce fut une erreur majeure .
Combien sont pitoyables les perles du baccalauréat. Combien est affligeant de constater la crise dans l’industrie du disque classique. Désormais, réservée à une élite, la musique classique ne fait plus rêver. L’organisation de manifestations comme les folles journées de Nantes notamment drainent un public de seniors mais seulement quelques jeunes (http://www.follejournee.fr/).
On ne lit plus ou presque plus ! D’ailleurs, il n’y a plus d’écrivains mais de faiseurs de romans ou le pire un nouveau concept vomir son histoire personnelle. Cette impudeur à tout déballer de sa vie, de ses fantasmes, des ses maladies et de ses turpitudes. Bref, l’horreur dans l’horreur.
Les grands de la littérature ne sont plus de ce Monde le dernier fut Julien Gracq. A part Houellebecq, Solers, d’Ormesson pour les écrivains, Finkielkraut et Comte Sponville, Gluskamnn, Dérida, Badiou pour les philosophes et les essayistes, que restent-ils ? Certes j’en oublie quelques uns qu’ils me pardonnent. Et puis, ils nous restent quelques penseurs et quelques observateurs de notre pitoyable société en déconfiture culturelle, Edgard Morin, Michel Serres, Rosanvallon, Vinock…. Les quelques uns que j’oublie me le pardonneront…
Comment notre société peut-elle se sortir de ce marasme d’abrutissement généralisé ?
Sans doute en s’appuyant sur la jeunesse naissante, car pour les autres, il est déjà trop tard, le mal est fait, il est irréversible. Leur déculturation est consommée et vampirisé par cette horreur qu’est la télévision.
C’est en direction de la génération 2000 qu’il faut agir à tout prix en l’écartant de ce monde médiatique, des jeux vidéo à la violence inouïe, au portable et son absurdité que sont les SMS, à l’informatique débridée….
Mais, il faut pour cela faire prendre conscience aux parents du grand danger qui menace un peuple, une nation sans culture sans la connaissance de son Histoire politique, sociale et culturelle. Elle est dans ce cas la proie aux avilissements les plus sordides.
Notre pays s’est construit par un empilement de connaissances, de savoirs, de découvertes parce-que des hommes et des femmes ont enseigné et fait partager ses richesses et ses trésors artistiques, littéraires, scientifiques, musicaux. Serions-nous condamnés à nous laisser imposer le pire de la culture venant d’outre-Atlantique. Préférons-nous Boston ou Las Vegas, c’est-à dire la culture américaine issue de l’émigration ou la sous-culture liée au jeu, aux paillettes et à la vulgarité ?
Quelle propédeutique veut-on pour nos jeunes étudiants ? Seront-ils comme nombreux d’entre eux aujourd’hui en grande souffrance dès la première année à l’université ? Il est fréquent de voir les rangs de deuxième année s’éclaircir de plus de moitié….
Indiscutablement un socle de culture générale est indispensable pour faire des études secondaires.
Nos élites (les quelques qui restent lucides) doivent agir sans relâche pur inverser cette désastreuse tendance à la déculturation de notre pays. Ce serait une responsabilité énorme de laisser les choses aller ainsi. Un Etat a les moyens et le devoir de laisser faire l’inacceptable…
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